06.11.2008

70 ans après

Soixante-dix ans après l’incendie des nouvelles Galeries – 28 octobre 1938 – retour sur la Canebière pour la présentation du film de Thierry Aguila, LE BRASIER MARSEILLAIS.

Pas mal de stress pour moi dans la journée, contraint de faire un aller-retour express à Paris pour participer au collège du Syndicat des Producteurs Indépendants. Pas question de le rater, l’heure est à la lutte, la réforme de la télévision publique doit passer devant les députés le 25 novembre prochain, ça va chauffer…
Puis deux dossiers à déposer au Centre National de la Cinématographie pour la toute nouvelle aide dite du «développement renforcé». Nous avons eu la chance d’être retenu pour LA QUÊTE DE JASMIN, une grande histoire d’amour, forcément triste, proposée par Alain Ughetto.
Et puis la SUITE ANGLAISE de Laurent Aït Benalla, parti sur les traces du Sergent Hutchings, qui, durant la deuxième guerre mondiale a caché le précieux manuscrit, le dernier, de l ‘écrivain Paul Nizan.
Deux beaux projets, atypiques, hors cases, hors normes, sur lesquelles nous allons être reçu le 10 décembre par la commission pour une dernière audition…

Bref, j’ai circulé dans Paris, oublié de déjeuner, raté le train du retour (15h13), réussi à attraper le 16h16, sensé me conduire sans peine à 19h22, Gare St Charles, pour la projection prévue à 20h00…
Me voici installé dans la rame 8… 16h20… 16h30… le train ne démarre pas… 16h40… « Mesdames et Messieurs, la SNCF est au regret de vous annoncer… »
Le train part enfin… Echanges téléphoniques avec Muriel, je lui demande de se préparer à me remplacer et de prononcer quelques mots pour ouvrir la projection, au cas où…
19h55, j’arrive enfin à St Charles.
Je dévale les escaliers, à droite sur la Canebière, à droite encore, Les Variétés, à deux pas de l’endroit où le fameux incendie a fait 73 victimes…
Juste à temps pour parler… Je n’ai rien préparé, j’ai peur de me tromper, d’oublier de remercier les partenaires, la Région PACA, la Ville de Marseille, ou de mélanger Sapeurs Pompiers et Marins Pompiers…
La salle est pleine, nous parlons tour à tour, Olivier Montels, directeur d’antenne de France 3, et grand supporter du film, ouvre le bal. Il me passe le relais ; je suis trop long, mais je n’oublie ni le « Bataillon » des Marins Pompiers, ni le « Corps » des Sapeurs Pompiers… Ouf ! puis Thierry le réalisateur et Stephan Leroy, l’auteur du projet terminent la présentation.
Je ne vois pas passer les 52 minutes, c’est déjà fini… Le public applaudit, l’émotion est palpable… Deux belles interventions sur l’hommage rendu aux victimes, sur la nécessité du film…
Pendant le cocktail qui suit, j’essaie pendant 1h30 de rejoindre le bar. Impossible, les spectateurs veulent discuter, les amis sont là… Thierry n’est pas mieux loti, très entouré, mais rien à boire. Je propose de lui prendre un verre, j’avance. Encore raté, je suis bloqué à cinq mètres du but…
J’y arrive enfin… Plus rien à manger, plus rien à boire… Mais une belle réussite. Je suis heureux, et affamé.
Je sors fumer une cigarette dehors… Pas de risque de provoquer un nouvel incendie, il pleut. Et nous sommes entourés de pompiers…
Rendez-vous chez Noël, resto sympa en haut de la Canebière… Enfin assis, un moment de répit… Thierry dédicace des morceaux de papier/goudron utilisés dans le film pour illustrer l’une des hypothèses possibles pour expliquer le départ d’incendie.

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Les plats arrivent. Sauf le sien… normal, il n’a rien commandé. Pauvre réalisateur. Rien à boire. Rien à manger.
La Pizza arrive enfin. Brûlée. Le Brasier Marseillais a encore frappé !
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Ne ratez pas la diffusion du film, c’est SAMEDI 8 NOVEMBRE, 15H50, SUR FRANCE 3 MEDITERRANÉE.

29.10.2008

Mixage

Un petit mot rapide, avant de revenir plus en détail sur ces deux dernières semaines, marquées par deux séjours à l’étranger, Sitges (Medimed) et Lisbonne (Doc Lisboa)…

Hier soir, je suis allé rejoindre Thierry Aguila en mixage. Dernier jour de la dernière étape du film, LE BRASIER MARSEILLAIS, qui en aura comporté beaucoup. Mais jamais les difficultés que nous avons rencontrées, et il y a en eu tout au long de cette aventure, quasi-systématiquement, jamais donc ces difficultés ne se seront transformées en tension, voire en galères… Et je crois que je n’ai pas vu encore Thierry se départir de sa bonne humeur, de sa capacité à tout positiver, et à toujours trouver des solutions aux problèmes posés…
À peine l’ai-je vu se tendre légèrement, lorsque cet été, en montage à Lyon, son ordinateur portable a définitivement rendu l’âme, emportant avec lui des milliers de données sur le film en cours et sur ses autres films en développement.
Ou lorsqu’un matin en entrant dans la régie, il a trouvé une souris morte au milieu des machines de montage… Pas la souris en plastique du défunt mac, non, une vraie…
Hier soir encore, il m’expliquait que lorsqu’il voyait s’afficher le numéro des films du tambour de soie sur son mobile, il décrochait avec cette première phrase : « Allo, quel est le problème ? »…

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Alors là, confortablement installés dans la salle de mixage de France 3 Méditerranée, nous avons revu, tous les deux, une dernière fois, ce beau film qui rend hommage aux 54 femmes, principales victimes de cet incendie terrible qui a conduit en 1938, à la mise sous tutelle de la ville de Marseille.
Une dernière fois avant la première prévue mardi 4 novembre aux Variétés (oui, mardi prochain, il était temps de finir), à regarder la qualité des images, des photos, des archives.
Et une toute première fois… Sans bug !!!
Que du bonheur. Je croise les doigts pour le 4…

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Alexandre cornu

19.10.2008

Un soir à Lens...

Ouhlàlà… J’ai pris du retard !
Heureusement, le TGV du matin (tranquille le dimanche matin) va me permettre de rédiger et de corriger un peu le tir…
Avant de parler de ce qui a eu lieu, un petit mot sur le futur proche, très proche… Ce soir, à 18h45 précises, dans le grand auditorium du « Culturgeist », à Lisbonne, va être projeté le beau film de Cathie Lévy « NOVELA A LA SANTA CASA – La promesse du Bonheur » en compétition internationale pendant le Festival Doc Lisboa. Cathie y sera. Et moi aussi. Belle soirée en perspective…

Allez, je remonte un peu le temps. Avant Lisbonne, il y a eu L’Espagne (j’en reparlerai bientôt), il y a eu Lens.
Et Paris.
Le 7 octobre, je suis allé déposer les dossiers du projet MANUEL DE L’OREILLER à l’Avance sur Recettes.
Je ne peux pas résister à l’envie de vous redonner le résumé du projet…
"Le sexe mode d'emploi : Images du "monde flottant" du Japon du XVIIIe siècle, les manuels de l'oreiller et les estampes érotiques souhaitaient enseigner par de "plaisantes images" comment l'affection d'un couple pouvait trouver une expression dans l'union des corps.
C'est cet univers pictural et moral, tout à la fois grivois, cru, tonique, subversif, replacé dans son contexte historique, que j'aimerais explorer dans ce projet au ton délibérément léger et joyeux, à l'image de ce qui a présidé à la fabrication de ces estampes ».

J’ai donc retrouvé la réalisatrice Dominique Auvray pour lui montrer le dossier tout beau, tout chaud (A deux heures du matin, à Marseille, Flore et Muriel étaient encore en train de fabriquer les huit exemplaires…),
Et là, soudain, face à moi : DAVID LYNCH ! J’y ai vu un signe favorable pour la suite du projet. Première réponse de la commission, le 13 novembre. À suivre…

Après les estampes japonaises, PICASSO. Je suis passé par le Musée d’Orsay pour voir les « Déjeuners sur l’Herbe », celui de Manet, ceux de Picasso…
Un monde fou à l'extérieur, mais cela vaut la peine d'attendre...

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La rencontre est saisissante. Et puis je me suis promené dans le musée, je suis allé voir les Pastels (autre très belle exposition). Et quelques peintres orientalistes que j’adore.

Je développe de nouveaux projets avec ORSAY, mais bon, pour le moment, chut… Top secret, nous en reparlerons !

Et enfin, ce même jour, (re)TGV vers LENS.
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Pour une soirée très émouvante, au théâtre du Colisée. Nous y avons organisé l’Avant-Première du film « MON LOUVRE A MOI » réalisé par Pascal Goethals, le portrait de Lensois qui vont « accueillir » très prochainement, le nouveau musée du Louvre, le Louvre/Lens.
Tout le monde était là, le Maire, les conseillers régionaux, généraux, l’équipe, et bien sûr les personnages…
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Ah, les personnages, ce sont eux qui portent le film. Les Mamies de la Fosse 9, les Rappeurs, la Supportrice, le Buraliste/Peintre. Ils ont une humanité, une richesse, une densité qui fait décoller le film…

C’est une sensation formidable que de se retrouver dans une salle pleine et de voir enfin projeté, incarné, sur grand écran, le fruit de deux ans de désir et de travail. Le film a été accueilli plus que chaleureusement, et j’ai même reçu des mains de l’Adjointe… à la Santé (oui, ce film a des vertus curatives, je le revendique…) la médaille de la ville !
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Alexandre Cornu