10.09.2009
Chassés-croisés
Souffler enfin… C’est le moment que je préfère, tgv du soir, le soleil se couche, le téléphone ne va plus sonner… Mon voisin est plongé dans la lecture du Canard enchaîné, ma voisine avale son sandwich en parcourant Elle… Je ne sais pas pourquoi, c’est quasi-systématique, je suis toujours placé dans les « carrés SNCF », impossible d’allonger les jambes sans piétiner celles de mon voisin d’en face, on s’excuse, on s’échange des sourires contrits, on souffre en silence…
J’ai survolé les inrocks, Le groupe oasis a explosé en vol, après une nouvelle bagarre homérique entre ls deux frères Gallagher. Un article sur le nouveau Miossec « Finistériens », j’avais beaucoup aimé son album « 1964 », celui qu'il avait composé pour ses 40 ans.
J’ai fait l’aller ce matin même, 6h28, dans le sens Marseille/Paris. Réunion au syndicat des producteurs, thématique abordée : la production en Région. Je me sens concerné, forcément. Il est question de l’avenir de France 3, des télés locales, des fonds d’aide régionaux. Il est question de notre avenir. Mais comme toujours, car telle est ma nature profonde, je ne m’inquiète pas, je sais que nous allons trouver des solutions pour aller de l’avant. Pour continuer à produire les films que nous aimons…
Pas le temps de réfléchir, ou de m’appesantir, j’enchaîne, réunion à la fondation pour la mémoire de la Shoah. Nous avons défendu, avec les réalisateurs/coproducteurs, Paule Muxel et Bertrand de Solliers, notre projet en cours « L’homme au masque de marbre » – une réflexion politique sur le parcours de Philippe Pétain, sur l’émergence des droites dans l’Europe des années 30, sur l’antisémitisme au cœur de la Révolution Nationale. Ce sera sur ARTE en 2010.
En sortant de la rencontre, nous avons fait quelques pas sur le Bd Haussmann. Musée Jacquemart-André, l’exposition sur les trésors de la collection Brukenthal : Bruegel, Van Eyck, Le Titien, Rubens… J’ai l’impression de replonger dans le « Renoir » que nous venons d’achever… Le Titien, Rubens, ses maîtres… Zut, fermé, l'expo ne commence que demain, le 11 septembre !
Ce qui est à la fois formidable... et parfois formidablement frustrant dans ce métier, c’est d’enchaîner aussi rapidement. J’ai « quitté » Renoir le 4 septembre, date à laquelle nous avons livré le film à France 5, la Réunion des musées nationaux et le musée d’Orsay. Je l’ai quitté – à moins que cela ne soit le contraire – après 18 mois de compagnonnage… J’ai envie d’un moment de latence, j’espère presque mon baby-blues…
Et non, dés lundi 7, le tournage de « La belle journée », le portrait inattendu que Ginette Lavigne va tracer de l’écrivain Christian Prigent, débute en Bretagne.
Joli pari, car comment cerner celui qui énonce : « ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit ». Prigent et sa langue si particulière. Prigent et son vélo qui avale les kilomètres autour de Saint Brieuc…
Lundi 7 toujours, ARTE confirme son engagement dans le projet « Une planète en bleu », le film que Thierry Aguila va consacrer à une icône plus que centenaire : le jeans ! Le monde vu au travers des cinq poches du mythique pantalon… Avec Muriel Sorbo, mon alter ego, nous allons enfiler nos bleus de travail (denim obligatoire pour tous désormais au bureau) et partir à l’aventure (Etats-Unis, japon, …) sur les traces de ce bon Lévis Strauss…
Ensuite, passage au musée du Louvre pour livrer la bande-annonce du film de Bernard George, « B comme Babylone » qui va être diffusée sur la toute nouvelle Chaîne du Louvre sur Culture TV - (Dailymotion et Youtube). Une heureuse initiative à laquelle je souhaite longue vie !
21h00, le wagon est calme, la fatigue se fait sentir, moment de flottement, de rêveries … Je partage habituellement mon temps de tgv disponible, 3 heures, en trois parts équivalentes… Travail (merci MacBook), lecture (j’ai reposé le formidable roman – je ne sais pas comment l’appeler autrement – la vie de Claude Lanzmann, « Le lièvre de Patagonie », pavé très imposant qui leste mon cartable déjà bien garni de tout son poids), et… Dodo… Là, je sens que mes paupières deviennent lourdes, si lourdes… Le marchand de sable va passer, il passe déjà, il est passé…
alexandre cornu
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