18.01.2009

Une fin d'année étonnante - Episode 2

Une fin d’année étonnante… J’y reviens une seconde fois (et sûrement bientôt une troisième) pour détailler cette fois décembre 2008, avant le grand basculement vers 2009 !

Après Amsterdam, grosse fatigue, la frénésie des deux mois précédents m’a laissé sur le flanc… J’ai une envie irrépressible de bureau, d’horaires réguliers, d’enfourcher mon vélo le matin pour descendre du cours Ju vers les Catalans et retour le soir par le même itinéraire (enfin le soir, c’est moins rigolo… Ça monte !). Bref, assez de Nomadisme, vive la Sédentarité !
Bon, les bonnes résolutions, on sait ce qu’il en advient généralement…
Dés le 8 décembre, Paris, Soirée à la Procirep pour le prix du producteur… Je ne rate jamais l’événement, je reste très attaché à cette commission télévision que j’ai fréquentée avec assiduité pendant sept années, de suppléant à Président… À tel point que l’on me demande régulièrement des infos, des renseignements « de l’intérieur », alors que j’en suis sorti en 2006… Sans que personne ne s’en rende compte, visiblement !
Comme toujours, du champagne, à partir d’une certaine heure, tous sur la piste, et puis… Elvira m’a promis une danse !

Le 9, forum des images, présentation du premier film de notre collection « A contre-temps, encyclopédie provisoire », celle que nous sommes en train de mettre sur pied avec neuf autres producteurs. Une galerie de portraits consacrée à des personnalités inattendues, qui marquent leur époque et s’écartent souvent des grands courants mainstream pour faire entendre une musique un peu différente, quelquefois dérangeante.
Le premier film, produit par Michel David et réalisé par Christine Seghezzi, est consacré à Stéphane Hessel, un grand monsieur, l’un des rédacteurs de la déclaration universelle des droits de l’homme, diplomate infatigable…
Et reconnu également pour un épisode dont il n’est pas l’instigateur… Il est le fils de l’écrivain Franz Hessel, le fameux Jules de « Jules et Jim »…
À la fin de la projection, Carole Bouquet, présente dans la salle, doit faire une déclaration…
Elle ne veut pas, ne peut plus, trop émue, elle se lève finalement, écarte le micro d’un geste : « pas besoin de ça », puis se lance dans un monologue improvisé… Actrice, jusqu’au bout des ongles !

À la sortie, dans le grand froid, je raccompagne Muriel et Cathie jusqu’à leur scooter !

Mu et Kty.jpg


Et en rentrant chez Pierre et Caroline, je me rends compte que je passe devant le numéro 99.
Et j’ai appris ce soir que le 99 Bd Arago, c’était l’adresse d’Henri-Pierre Roché, autrement dit Jim, l’auteur du livre… Mais c’est une réplique du film de Truffaut qui me revient :

- " Avaient-ils jamais rencontré ce sourire ?
- Jamais
- Que feraient-ils s'ils le rencontraient un jour ?
- Ils le suivraient ."

Le lendemain, grand oral. Je passe au CNC devant la commission d’aide au développement renforcé pour deux projets pré-sélectionnés… Une demi-heure à chaque fois, à 12h30 et à 14 heures. J’encadre le déjeuner des membres de la commission qui ne manqueront pas de me le faire remarquer : « quoi, encore vous, il doit y avoir une erreur » !
Cela se passe extrêmement bien pour Alain Ughetto (En quête de Jasmin, son histoire d’amour interrompue par l’arrivée de la révolution en Iran) et plus difficilement pour Laurent Aït Benalla (Suite Anglaise, à la recherche du manuscrit disparu de Paul Nizan pendant la seconde guerre mondiale et surtout sur les traces du mystérieux W. Hutchings, qui a caché le précieux document…). Résultats attendus deux jours plus tard….

Le soir même, retour à Marseille. Nous sommes le 10, c’est l’anniversaire de Constance : 5 ans aujourd’hui, et depuis quatre ans et un jour avec nous… Mais qu’est-ce qu’elle a grandi… Il me semble à la fois si proche et si loin ce moment où nous sommes rentrés de Port-au-Prince.
Constance au sapin.jpg


Le 11 au soir : c’est la fête aux Tambours ! Nous inaugurons enfin les nouveaux locaux (il serait temps, nous sommes là depuis le mois de… Juin!) que nous partageons avec 13 production. C’est un vrai plaisir d’être là… Depuis notre arrivée, Danièle est aux petits soins pour nous, les locaux sont tout beaux, tout neufs, nous sommes à deux pas de la plage… Sans jamais en profiter !
La soirée est très réussie, je ne sais pas comment on a pu faire rentrer soixante-dix personnes, mais ça marche, ça parle, ça danse, ça chantera même en fin de soirée ! En attendant, j’ai appris que Jasmin, le projet d’Alain, était parmi les six projets finalement retenus au milieu des 227 de départ…
Et constance a trouvé une copine, Mathilde…
Constance et Mathilde.jpg

Je sors fumer une cigarette dans la nuit pour regarder les étoiles…

Le 12 au soir, 18h45. Coup de fil surprise… C’est vendredi soir, je suis seul au bureau…
- « Allo, c’est Michèle », sous-entendu Michèle Bourgeot, réalisatrice, amie de longue date, je produis en ce moment son film « Soheib Bencheikh, entre tourments et courage », pour la collection à Contre-temps…

- « Tu peux m’indiquer le chemin pour venir aux tambours, je suis perdu… »
Sur Michèle, j’ai écrit dans ma dernière note de production :
« Une cinéaste de l’extravagance et du burlesque.
Michèle pratique le décalage. Non par calcul, elle est comme ça. Non prévisible, pas forcément à l’endroit où on l’attend. »

- « Michèle, tu n’es pas à Toulon, on doit se voir ? »
- « Comment ça on doit se voir ? bien sûr, je viens à la fête… »

Bon, je suis sûre que Michèle ne m’en voudra pas, mais elle m’a une nouvelle fois totalement scotchée en arrivant à la fête le lendemain du jour prévu… Heureusement, il restait du vin, des petits trucs à grignoter, on a pu trinquer…


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