11.11.2008

11 novembre

Sacré 11 novembre… Nous voici aujourd’hui, tous sur le pont, au bureau, pour boucler les derniers dossiers, notamment un gros pavé pour l’Europe, un dossier essentiel pour le développement de nos nouveaux projets dans les années à venir… Des documentaires, et une fiction !

De mon côté, je réunis mes petites affaires avant de décoller demain pour Athènes (oui, je sais, la vie de producteur est un long chemin de croix).
Athènes, c’est la conséquence directe des rencontres MEDIMED auxquelles nous avons participé avec Marco Gastine, le réalisateur qui développe avec nous ce beau projet « EXIL EN CULOTTES COURTES» sur les enfants grecs « déplacés » pendant la guerre civile grecque, vers les pays d’Europe de l’Est, afin de les protéger des zones de conflits. Juste après la seconde guerre mondiale. Et juste avant la guerre froide, qui débute peut-être avec cet événement.

Avec Marco, nous sommes allés présenter ce projet devant un panel de diffuseurs, à Sitges, en octobre dernier, lors de ce forum dédié à des projets plutôt méditerranéens. C’était, je crois, notre quatrième « pitch » en commun, après Sintra, Barcelone, Jihlava… Il faut toujours surprendre, se surprendre mutuellement, apporter de la nouveauté à des chargés de programmes qui nous voient défendre ce même projet depuis près de deux ans…

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Notre petit numéro est désormais assez réglé. Marco enfile toujours sa veste verte, d’un vert très très « reconnaissable », je mets ma chemise rose, on a chacun nos petits gris-gris, nos rituels… Marco est plus à l’aise en « figure libre », c’est un conteur-né. Mais c’est parfois compliqué de se laisser aller lorsque l’on ne dispose que de 7 minutes pour s’exprimer, à partager en trois (lui, moi, et nos images, un trailer de 3’30 !). Pour moi, c’est le contraire, j’ai besoin de connaître mon texte sur le bout des doigts pour me sentir libre de m’en écarter…
Et comme toujours, l’important, c’est de bien commencer, de capter l’attention d’un auditoire qui va « subir », en deux journées, les assauts de 24 couples auteur/producteur, désireux de lui faire aimer leur projet.
Alors essayons l’humour : « Je suis tombé amoureux de Marco Gastine, pas seulement à cause de sa veste verte. Mais lorsque j’ai vu ses images, sa faculté à tracer des portraits sensibles,… ».
La chaîne grec ERT nous soutient, la Finlande également (YLE), les retours sont bons, il va falloir maintenant avancer rapidement car ce film, qui va nous emmener un peu partout en Europe, doit être prêt pour fin 2009…
D’où ce court séjour cette semaine, de mercredi 12 à vendredi 14, pour rencontrer à nouveau ERT et… ARTE ! Si ces deux télévisions s’accordent autour de notre film, c’est gagné ! Allez, je croise les doigts…
Marco, s’il te plait, remet ta veste verte une dernière fois…
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06.11.2008

70 ans après

Soixante-dix ans après l’incendie des nouvelles Galeries – 28 octobre 1938 – retour sur la Canebière pour la présentation du film de Thierry Aguila, LE BRASIER MARSEILLAIS.

Pas mal de stress pour moi dans la journée, contraint de faire un aller-retour express à Paris pour participer au collège du Syndicat des Producteurs Indépendants. Pas question de le rater, l’heure est à la lutte, la réforme de la télévision publique doit passer devant les députés le 25 novembre prochain, ça va chauffer…
Puis deux dossiers à déposer au Centre National de la Cinématographie pour la toute nouvelle aide dite du «développement renforcé». Nous avons eu la chance d’être retenu pour LA QUÊTE DE JASMIN, une grande histoire d’amour, forcément triste, proposée par Alain Ughetto.
Et puis la SUITE ANGLAISE de Laurent Aït Benalla, parti sur les traces du Sergent Hutchings, qui, durant la deuxième guerre mondiale a caché le précieux manuscrit, le dernier, de l ‘écrivain Paul Nizan.
Deux beaux projets, atypiques, hors cases, hors normes, sur lesquelles nous allons être reçu le 10 décembre par la commission pour une dernière audition…

Bref, j’ai circulé dans Paris, oublié de déjeuner, raté le train du retour (15h13), réussi à attraper le 16h16, sensé me conduire sans peine à 19h22, Gare St Charles, pour la projection prévue à 20h00…
Me voici installé dans la rame 8… 16h20… 16h30… le train ne démarre pas… 16h40… « Mesdames et Messieurs, la SNCF est au regret de vous annoncer… »
Le train part enfin… Echanges téléphoniques avec Muriel, je lui demande de se préparer à me remplacer et de prononcer quelques mots pour ouvrir la projection, au cas où…
19h55, j’arrive enfin à St Charles.
Je dévale les escaliers, à droite sur la Canebière, à droite encore, Les Variétés, à deux pas de l’endroit où le fameux incendie a fait 73 victimes…
Juste à temps pour parler… Je n’ai rien préparé, j’ai peur de me tromper, d’oublier de remercier les partenaires, la Région PACA, la Ville de Marseille, ou de mélanger Sapeurs Pompiers et Marins Pompiers…
La salle est pleine, nous parlons tour à tour, Olivier Montels, directeur d’antenne de France 3, et grand supporter du film, ouvre le bal. Il me passe le relais ; je suis trop long, mais je n’oublie ni le « Bataillon » des Marins Pompiers, ni le « Corps » des Sapeurs Pompiers… Ouf ! puis Thierry le réalisateur et Stephan Leroy, l’auteur du projet terminent la présentation.
Je ne vois pas passer les 52 minutes, c’est déjà fini… Le public applaudit, l’émotion est palpable… Deux belles interventions sur l’hommage rendu aux victimes, sur la nécessité du film…
Pendant le cocktail qui suit, j’essaie pendant 1h30 de rejoindre le bar. Impossible, les spectateurs veulent discuter, les amis sont là… Thierry n’est pas mieux loti, très entouré, mais rien à boire. Je propose de lui prendre un verre, j’avance. Encore raté, je suis bloqué à cinq mètres du but…
J’y arrive enfin… Plus rien à manger, plus rien à boire… Mais une belle réussite. Je suis heureux, et affamé.
Je sors fumer une cigarette dehors… Pas de risque de provoquer un nouvel incendie, il pleut. Et nous sommes entourés de pompiers…
Rendez-vous chez Noël, resto sympa en haut de la Canebière… Enfin assis, un moment de répit… Thierry dédicace des morceaux de papier/goudron utilisés dans le film pour illustrer l’une des hypothèses possibles pour expliquer le départ d’incendie.

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Les plats arrivent. Sauf le sien… normal, il n’a rien commandé. Pauvre réalisateur. Rien à boire. Rien à manger.
La Pizza arrive enfin. Brûlée. Le Brasier Marseillais a encore frappé !
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Ne ratez pas la diffusion du film, c’est SAMEDI 8 NOVEMBRE, 15H50, SUR FRANCE 3 MEDITERRANÉE.